Le 6 mai 2019,

la musique africaine authentique

est entrée dans l’ehpad Annie Girardot

 

 

Le six mai à quinze heures, l’Afrique est entrée dans l’espace Annie Girardot et l’atmosphère du rez-de-chaussée s’est ensoleillé quand Adaman, Faso et Joël de la formation Rayangnewind ont commencé leur spectacle.

En plus d’une guitare, il y avait les instruments originaires de l’Afrique de l’Ouest : la flûte peule, un tube et quatre trous, la kalimba, une coloquinte coupée couverte d’une planchette sur laquelle vibrent des lamelles façonnées à partir de rayons de vélos, le djembé, gros tambour composé d’un fût de bois en forme de calice couvert d’une peau de chèvre ou d’antilope, et, le “tambour qui parle”, petit tambour entouré de cordes reliées à la peau que l’on glisse sous le bras et dont on fait varier la tonalité en serrant le coude plus ou moins fort contre la poitrine.

Très vite l’atmosphère a changé, la voix de Faso n’a pas besoin de micro pour résonner dans le cœur de chacun, qu’il chante les mélodies du “pays des gens intègres” ou adapte un standard pour traduire la Fraternité portée par la musique ; les pieds suivent le rythme, les mains dessinent le vol des notes, les regards s’éclairent, la légèreté monte dans les poitrines…

Par moment la flûte d’Adaman remplace la voix, l’authenticité de la tradition s’empare de nous sans que l’on s’en rende compte, nous formons un cercle autour des musiciens, comme dans un village de là-bas et très vite nous ne sommes plus à Paris. Bien sûr, nous ne sommes pas sous les tropiques mais dans cet entre-deux, près des nuages.

Adaman se révèle être un griot véritable lorsqu’il nous conte la sensibilité d’un crocodile de chez lui ou d’un cerf d’une forêt belge aux sonorités de sa flûte, lui qui a formé des jeunes burkinabés aux instruments et musiques traditionnelles qu’il maîtrise parfaitement, dont l’arc à bouche ou la flûte de mil en voie de disparition.

C’est dans le désert qu’il retrouve les racines de sa culture et l’inspiration pour sa flûte peule.

Reconnu, il ouvre en 2005 le Festival d’Esperenzha à Florette près de Namur, et y trouvent des amis qui implantent deux moulins à grains près de Ouagadougou, ce qui libèrent les femmes de tâches harassantes et leur ouvre un avenir meilleur.

Et puis par hasard le souffle de sa flûte et les notes de la kalimba sont entrés dans des oreilles parisiennes et la rencontre avec cet homme qui a su s’intégrer en Europe comme en Afrique grâce à son art millénaire à créé d’autres rencontres dont toutes celles faites autour du concert.

Beaucoup d’échanges et de reconnaissances, une émotion partagée tant par le public que par les musiciens qui sont allés jouer dans la chambres d’un résident.

Il n’est pas exclu qu’ils soient invités à nouveau, à la demande du public et de ceux qui n’ont pu assister au spectacle.

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