Imprimer

Le compte-rendu de leur passage précédent du 6 mai se termine par : « Il n’est pas exclu qu’ils soient invités à nouveau, à la demande du public et de ceux qui n’ont pu assister au spectacle. », et :

Le 6 décembre 2019 à 15 heures

la musique africaine authentique est revenue dans l’ehpad Annie Girardot

 

Cette fois-ci, c’est avec le chanteur Simon Winsé et une invitée violoniste que le groupe Rayangnewind nous a fait voyager du Burkina Faso, pays des hommes intègres, jusqu’en Grèce, pays de notre mythologie européenne.

 

Tout de suite on s’est senti au Sud du Sahara grâce à un air traditionnel accompagné de l’arc à bouche, aux sonorités parfois étranges qui ont rendu les oreilles attentives ; les yeux ont cherché un moment à comprendre la technique et puis la magie nous a envahi, nous étions là, « Ehpad Girardot, 10 avenue de l’Indépendance. Ouagadougou », avec nos amis d’un village proche du Mali venus nous rendre visite.

Simon et Adama Ouédraogo sont des passeurs de musique traditionnelle, ils animent en France comme au Burkina Faso des écoles de musique traditionnelle pour transmettre les vraies valeurs de la vie. Musique et contes enseignent la sagesse des anciens en prise directe avec la nature à chaque respiration. Simon, artiste internationalement reconnu pour sa maîtrise du chant traditionnel, de la flûte peuhle,

 

du n’goni, guitare traditionnelle malienne, de la kora, sorte de harpe que les musiciens fabriques eux-mêmes avec une calebasse comme caisse de résonance. Il l’est aussi pour ses qualités de griot (conteur qui transmet la spiritualité de ses ancêtres) qu’il intègre aussi dans le chant … et c’est ainsi que Simon nous explique l’origine de l’arc à bouche : pour se faire pardonner d’avoir abattu une bête sauvage sacrée par erreur, le chasseur a transformé son arme délétère en instrument de musique pacifique qui réunit tout le monde … « transformez toutes les kalachnikovs en flûtes peuhle ! » nous dit Adama, dans le micro.

 

Ensuite, ce sera le premier chant qui entame toutes les représentations de Simon, Benjamin à la "box" (caisse en bois qui résonne comme un djembé)… l’ayant enregistré déjà plusieurs fois, je découvre chaque fois une interprétation différente, qu’il y ait cinq personnes dans une salle ou qu’elle soit complète comme ici, c’est la même générosité, la même intensité qui parcourt le groupe, et personne n’y est indifférent.

« On va faire la fête, comme au village, on fait tout ensemble … » vingt minutes de dépaysement, puis on accueille Céline qui intègre son violon dans les rythmes et sonorités africaines. Ensuite elle nous dit : « Comme nous sommes tous des voyageurs dans la vie et sur la terre, un petit chant grec, celui des femmes de marin qui prient la mer pour qu’elle soit douce et ramène leur marin à la maison : Thalassa » … et une voix pure monte lentement en intensité, accompagnée de la kora, elle nous emmène avec les oiseaux de la mer Égée et revient en douceur six minutes après, le public marque un temps pour sortir de son rêve et applaudit.

On retourne au village burkinabé, Adama parle de la flûte peuhle qu’il fabrique lui-même et c’est une ambiance de fête, certains dansent. Vient l’heure des contes. Celui de Céline, « Trois voyageurs dans le désert chaud le jour froid la nuit … » et l’histoire des villages de là-bas contée par le griot Simon, Conte de l’homme pressé.

 

Pour finir tout le monde participe à la dernière chanson qui rend hommage à toutes les femmes du monde, les musiciens présentent leurs instruments, Adama présente la kalimba,

… le vol de Ouagadougou s’achève en douceur.

… et déjà nous savons qu’ils passeront dans les étages à Noël

 
FaLang translation system by Faboba