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Bénévole d’accompagnement en soins palliatifs, visiteur des malades à l’hôpital, en EHPAD ou au domicile, un après-midi chaque semaine : le dos de l’index replié frappe une porte, un espace chaque fois différent se laisse apprivoiser et cela se passe dans l’ici et maintenant, simplement… souvent… l’apaisement, un sourire.

D’autre fois, c’est avec les proches que l’on évoque le deuil, la douleur singulière, les autres qui ignorent ou refusent, le droit de dire : « — Je suis fatigué, laissez-moi tranquille … offrez-moi votre silence ».

Il y a un mystère, un souffle, une vibration subtile qui fait la rencontre, la Vie est entièrement là… et cela suffit.

 

 

Accompagner  ⇐  Ac-compain ⇐  Compain (XIIe siècle : compagnon, copain) ⇐  Co-pain : partage de l’indispensable nourriture.

Quelle nourriture partagée ? L’air : celui du souffle, aux 17 280 cycles quotidiens, celui du verbe d’Ésope, et celui même du blabla qui vous enferme dans la vie de tous les jours.

L’air traversé de lumière qui vibre en musique…

… dans lequel se cachent les parfums et odeurs qui enivrent ou révulsent,

… qui porte les mots de la rencontre… ou pas.

… où la douceur de la peau qui effleure, attentive et silencieuse, qui apaise.

Partager l’air, la vie : tous ces ‘co-pains’ ouvrent sur une rencontre.

Trois minutes de privation, le souffle est immobile, la conscience se disperse.

 

Peur de la mort ?

Il y a un pas que l’on fait sans s’en rendre compte, un seuil que l’on dépasse sans le connaître qui vient parfois après un rendez-vous raté avec la mort.

Pour cela on a posé son sac sans calcul, en toute lucidité, avant une opération ou une maladie dite longue ou à risque, après un accident ou un deuil... ou quelque part dans cet espace et dans cette période où on se rend compte que le corps encaisse et réagit sans nous, que la vie ne lâche rien mais ne dit mot, alors que les esprits s’agitent projetant leurs angoisses alentour.

Il n’y a plus de passé, puisqu’il peut ou aurait pu disparaître avec cet événement et que le futur ne nous appartient pas ; seule la conscience s’y dévoile à l’aide de l’énergie vitale, et la mémoire n’est accessible qu’au présent plus dans le sensible que dans d’illusoires histoires déformées par les langages employés.

Certains ayant trébuché la recouvrent et se relèvent, d’autre sont éclairés de ce changement du monde perçu et se sentent complètement libres.

Dans cette écoute entière de la vie palpitant dehors et sous la peau, derrière les paupières, le corps est nu de tout regard, il ouvre ses pores à l’être qui douillettement y installe ses souffles.

Une acuité sensible à la singularité de l’autre ouvre notre attention sur les personnes qui n’ont plus de rôle à tenir, à interpréter ou qui quémandent des approbations.

Les mots sont souvent inutiles, voire dangereux s’ils sont calculés, réfléchis.

Ayant abdiqué toute volonté de faire, de prendre, l’ouverture est préparée, le cerveau silencieux disponible, toquer, derrière chaque porte … une aventure différente.


… … … suite … … …

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